Qu'est-ce que Traque Traces?

Traque traces est une fiction. Mais c'est votre vie (ou presque)

Cette fiction est née d'un pari un peu fou : refaire une ville fictive sous la vraie ville. Faire vivre et évoluer tout un peuple, écrit à partir des données qui nous écrivent, nous aussi, êtres de chair. Car chaque jour nous sommes, nous, êtres de chair, mis en données. Chaque jour nous produisons, en nous déplaçant, en communicant entre nous, un nombre incalculable de traces qui sont stockées, analysées, réutilisées. Chaque jour nos faits et gestes sont traduits en données, dont l'agrégation et le sens final nous échappe. Nous sommes identifiés, catégorisés, sondés, profilés, pilotés. Notre vie s'écrit ainsi toute seule, comme de l'extérieur.

C'est un constat. Il serait angoissant, désespérant, si nous n'avions pas toujours nous aussi la possibilité d'écrire notre vie. De reprendre la main sur les catégories. D'en jouer. Cette fiction a ce but. Jouer avec les données au petit jeu de l'arroseur arrosé. Ecrire les données qui nous écrivent. Refaire pour de faux leur grand travail sérieux d'analyse et d'objectivation. Et ainsi, apprendre à lire cette nouvelle écriture dominante qu'est l'écriture par les données. Car toute écriture est un pouvoir qu'il faut savoir comprendre, qu'il faut vouloir prendre.

Nous avons donc écrit un peuple. Un tout petit peuple, qui habite où nous habitons : Aubervilliers, Nord Paris. Chaque personne constituant ce peuple a laissé en vivant des traces que cette fiction trace et retrace pour vous.

Alors, comment lire?

Plusieurs possibilités s'offrent à vous :

  • rentrer par les coulisses de cette fabrique de fictions, qui expliquent la démarche poursuivie, les consignes d'écritures données séance après séance, et la construction progressive et plus erratique qu'il n'y paraît peut-être, de ce petit peuple qui nous ressemble tant.
  • passer directement à la traque des personnages, par les lieux qu'ils ont hantés, par les tags qui les catégorisent et qui indexent les traces qu'ils ont laissées, ou en commençant par une histoire au hasard...

Bonne traque.

 


Cette fiction a été réalisée dans le cadre d'un atelier d'écriture mené par Cécile Portier dans le cadre d'une résidence d'écrivain au Lycée Henri Wallon, à Aubervilliers, rendue possible grâce au concours de la Région Ile-de-France. Pendant toute l'année scolaire 2010-2011, Il se déroule en binôme avec Arnaud Coriton, professeur de sciences économiques au Lycée Henri Wallon, en classe de terminale STG. Pour en savoir plus sur le programme de résidence d'écrivains de la Région Ile-de-France : ici. Lire également sur Remue.net, d'autres textes écrits dans le cadre de cette résidence ainsi que les prémisses de ce projet, sous forme de fiction/chronique développée sur blog..